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DAVID GUDIN Sculpteur céramiste Demander un devis

Savoir-faire

Épis de faîtage et mitres de cheminée en terre cuite

Reproduire à l'identique la poterie de toiture qui manque à un bâtiment — même quand le modèle d'origine n'existe plus nulle part.

Réponse courte

Un épi de faîtage ou une mitre cassée se refait à partir de ce qu'il en reste.

À partir des morceaux subsistants, d'une pièce jumelle encore en place ou d'un simple relevé photographique et dimensionnel, l'atelier reconstitue un modèle, tire un moule et refaçonne la pièce en terre cuite ou en grès. La terre, la teinte et l'émail sont ajustés sur les pièces voisines pour que la neuve ne se distingue pas des anciennes.

01 — Définitions

Épi, mitre, lanternon : de quoi parle-t-on ?

L'épi de faîtage

L'épi de faîtage est l'ornement vertical placé à l'extrémité du faîtage d'une toiture. Sa fonction est d'abord technique : coiffer et protéger l'about de la poutre faîtière et l'assemblage des tuiles au sommet du toit, là où l'eau s'infiltre le plus volontiers.

Au fil des siècles, il est devenu un signe : boule, pomme de pin, fleur de lys, oiseau, silhouette animale. Selon les régions, on le trouve en terre cuite vernissée, en grès, en zinc ou en plomb.

La mitre de cheminée

La mitre coiffe la souche de cheminée. Elle protège le conduit de la pluie tout en laissant échapper les fumées, et participe au tirage. Sur les grands édifices, elle fait partie intégrante de la composition des toitures : c'est le cas des mitres de la Sologne reposées sur l'Aile Gabriel du château de Versailles.

Les autres poteries de toiture

Lanternons, crêtes et arêtiers décoratifs, poinçons, about de faîtière : toute cette famille se façonne et se cuit de la même manière. Ce sont des pièces exposées en permanence à la pluie, au gel et au vent — elles se traitent en conséquence.

Mitres de cheminée en terre cuite crue, façonnées à l'atelier et rangées sur palettes avant cuisson.

02 — Méthode

Refaire un modèle qui n'existe plus

C'est la situation la plus courante : la pièce est cassée, tombée, ou remplacée un jour par un modèle de catalogue qui ne correspond à rien.

  1. Ce dont j'ai besoin

    Les fragments, même petits, sont la meilleure source. À défaut : une pièce jumelle encore en place sur le bâtiment, ou des photographies anciennes accompagnées d'un relevé de hauteur, de diamètre et de section d'emboîtement.

  2. Le modèle

    Modelage du prototype à la main, en volume, puis validation. Sur un chantier de monument historique, ce prototype est soumis à l'architecte du patrimoine et à l'architecte des Bâtiments de France avant tout lancement de série.

  3. Le moule et le retrait

    Le moule en plâtre est calculé plus grand que la pièce finie : la terre se rétracte de l'ordre de 8 à 12 % entre le façonnage et la sortie de four, selon la terre employée. C'est ce calcul qui décide de la justesse des cotes finales.

  4. Façonnage et reprise

    Estampage ou coulage, puis reprise à la main de chaque exemplaire : arêtes, modelé, détails de sculpture. Sur une série, chaque pièce reste légèrement singulière — c'est exactement ce qui distingue une restauration d'une reproduction industrielle.

  5. Terre, émail, cuisson

    La terre cuite architecturale se cuit généralement entre 1 000 et 1 100 °C : poreuse, elle demande un émail ou un vernis de couverture. Le grès, vitrifié vers 1 200-1 280 °C, présente une porosité très faible et se comporte naturellement bien au gel. L'émail est recherché par essais successifs sur tesson, jusqu'à correspondance avec les pièces voisines.

03 — Repères techniques

Les données du sujet

Ces repères servent à cadrer une demande avant même le premier échange. Ils ne remplacent pas l'étude de la pièce : chaque toiture a ses cotes, sa terre et son exposition.

Faire étudier une pièce →

Épis de faîtage & mitres — repères

Repères techniques sur les poteries de toiture en terre cuite
Pièces concernéesÉpis de faîtage, mitres de cheminée, lanternons, crêtes, poinçons, abouts de faîtière
MatériauxTerre cuite, terre cuite vernissée, grès
Cuisson terre cuiteEnviron 1 000 à 1 100 °C — poreuse, protégée par émail ou vernis
Cuisson grèsEnviron 1 200 à 1 280 °C — vitrifié, porosité très faible, bon comportement au gel
Retrait de la terreDe l'ordre de 8 à 12 % du façonnage à la sortie de four, intégré au calcul du moule
Sources acceptéesFragment, pièce jumelle en place, photographies anciennes + relevé dimensionnel
SériesDe la pièce unique à la petite série
ValidationPrototype soumis à l'architecte du patrimoine et à l'ABF sur bâtiment protégé
Zone d'interventionFrance entière, depuis l'atelier de Ligny-le-Ribault (Loiret)

04 — Référence

Les mitres de la Sologne, château de Versailles

Mitre en terre cuite neuve posée sur une souche de cheminée de l'Aile Gabriel, sous échafaudage.

En 2022 et au début de 2023, l'atelier a participé à la restauration des mitres de l'Aile Gabriel du château de Versailles, sous la direction de Frédéric Didier, architecte en chef des monuments historiques.

L'enjeu : produire des pièces qui s'intègrent exactement à l'esthétique et à la fonction d'origine de l'aile, tout en tenant les contraintes de conservation actuelles et la durabilité face aux conditions climatiques d'aujourd'hui.

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05 — Questions fréquentes

Épis et mitres : ce qu'on me demande

Qu'est-ce qu'un épi de faîtage ?

C'est l'ornement vertical placé à l'extrémité du faîtage d'une toiture. Sa fonction première est technique : coiffer et protéger l'about de la poutre faîtière et l'assemblage des tuiles au sommet du toit.

Il est devenu au fil des siècles un signe décoratif et parfois social, décliné en terre cuite vernissée, en grès, en zinc ou en plomb selon les régions.

Quelle est la différence entre un épi de faîtage et une mitre ?

L'épi couronne l'extrémité du faîtage du toit. La mitre coiffe la souche de cheminée : elle protège le conduit de la pluie tout en laissant échapper les fumées, et améliore le tirage.

Les deux sont des poteries de toiture, façonnées et cuites de la même manière, mais leur place et leur fonction diffèrent.

Peut-on refaire un épi cassé dont le modèle n'existe plus ?

Oui. À partir des morceaux subsistants, d'un épi jumeau encore en place sur le même bâtiment, ou de photographies anciennes accompagnées d'un relevé de dimensions, on reconstitue un modèle, on tire un moule et on refaçonne la pièce.

Le retrait de la terre au séchage et à la cuisson — de l'ordre de 8 à 12 % selon les terres — est intégré au calcul du moule pour retomber sur les cotes justes.

Une poterie de toiture résiste-t-elle au gel ?

Tout dépend de la terre et de la cuisson. Une terre cuite poreuse cuite vers 1 000-1 100 °C doit être protégée par un émail ou un vernis de couverture. Un grès vitrifié vers 1 200-1 280 °C présente une porosité très faible et se comporte naturellement bien au gel.

Le choix se fait selon l'exposition du bâtiment et la nature des pièces voisines qu'il faut respecter.

Une pièce de toiture à remplacer ?

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