L'atelier
David Gudin, sculpteur céramiste
Pâtissier pendant trente-trois ans, puis artisan d'art. Un atelier en Sologne, et une seule spécialité : refaire ce qui manque au bâti ancien.
01 — Parcours
D'un métier de précision à un autre
J'ai d'abord exercé la pâtisserie pendant trente-trois ans. La minutie, le geste répété, la matière qui ne pardonne pas l'à-peu-près : ce sont les mêmes exigences que celles de la terre. Mais l'envie de renouveau et d'un rapport plus direct aux matériaux naturels a fini par l'emporter.
Deux céramistes m'ont ouvert la porte : Magali Caumon et Isabelle Poirier, qui m'ont initié à la terre et aux subtilités de l'émaillage.
Le tournant décisif survient en 2021. Aymeric de Baudus, à la tête de la Tuilerie de la Bretèche à Ligny-le-Ribault, me confie la reprise de l'atelier de Pierre Hémeray — un lieu chargé d'histoire et de savoir-faire.
Depuis, je ne fais plus que cela : travailler à la commande pour des particuliers et des professionnels, sur la rénovation de bâtiments historiques. Chaque chantier est un cas particulier, une occasion de relier le passé et le présent.
02 — Le lieu
La Tuilerie de la Bretèche, Ligny-le-Ribault
L'atelier est installé à la Tuilerie de la Bretèche, à Ligny-le-Ribault, en pleine Sologne, dans le Loiret — à une trentaine de kilomètres au sud d'Orléans.
Ce n'est pas un détail. Travailler dans une tuilerie, c'est travailler au milieu des terres, des fours et des gestes qui ont produit, pendant des siècles, les pièces que l'on me demande aujourd'hui de refaire. Les mitres dites « de la Sologne » que l'on retrouve jusque sur les toits de Versailles viennent de cette région-là.
L'atelier se visite sur rendez-vous, pour les maîtres d'œuvre et les maîtres d'ouvrage qui souhaitent voir les pièces avant de décider.
03 — Recherche
Quand le savoir-faire lui-même a disparu
Il arrive que la pièce à refaire ne pose pas seulement un problème de forme, mais de méthode : la technique qui l'a produite n'existe plus. Il faut alors la reconstituer.
C'est ce qui s'est passé avec les carreaux de grès cérame Art nouveau. Les industriels produisent toujours du grès cérame, mais aucun ne s'intéresse à la restitution fidèle du patrimoine. Il m'a fallu plus d'un an et des centaines d'heures d'essais pour retrouver une méthode artisanale proche de celle du début du XXe siècle.
Ce travail de recherche fait partie du métier. Il ne se facture pas au chantier — il se transmet.
04 — Ce à quoi je m'engage
Trois principes
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La pièce neuve ne doit pas se voir
Une restauration réussie est une restauration qu'on ne remarque pas. Teinte, format, modelé, brillance : tout est ajusté sur les pièces voisines, pas sur un catalogue.
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Je dis quand ce n'est pas faisable
Certaines demandes n'ont pas de bonne réponse en céramique, ou relèvent d'un autre métier. Je le dis avant le devis, pas après.
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Un interlocuteur unique
Du relevé à la livraison, c'est la même personne qui étudie, façonne, émaille et suit la pose. Sur un chantier de patrimoine, cette continuité évite bien des malentendus.
Envie de voir les pièces de près ?
L'atelier se visite sur rendez-vous. Et pour un projet, l'étude de faisabilité et le devis sont gratuits.